Agriculture et consommation

#1
La Communauté a demandé à un cabinet expert (B&L Evolution) de réaliser un diagnostic de notre territoire, au regard du changement climatique. En quelques graphiques et de façon synthétique : voici ce qui ressort de ce diagnostic, concernant l’agriculture et nos consommations (cliquer sur l’image pour agrandir).


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A vous de nous dire si cela vous paraît pertinent ; et notamment quels enjeux vous paraissent primordiaux…

Re: Agriculture et consommation

#2
Diapo 4 : disponibilité en eau
Pour des données adaptées au territoire, voir le rapport HYCCARE Bourgogne (recherche-action dont l’objectif est de mettre à disposition des décideurs locaux des outils qui leur permettront de mieux prendre en compte le risque lié aux impacts du changement climatique sur la ressource en eau).
https://www.alterrebourgognefranchecomt ... bourgogne/?

Le code de l’environnement prévoit que la priorité doit être donnée à la satisfaction des exigences de santé, de la salubrité publique et de l’alimentation en eau potable ; passent ensuite la préservation de la vie aquatique et du libre écoulement des eaux ; viennent enfin les usages économiques et de loisir.
L’agriculture, fondement de notre alimentation, est une activité économique stratégique (prioritaire aux activités de loisir). En cas d’irrigation doit être utilisée en priorité pour l’autonomie alimentaire et les productions créatrices de valeur ajoutée sur le territoire : maraîchage, arboriculture, PPAM…

Une des clés est d’adapter les pratiques agricoles aux différents effets du réchauffement climatique, comme la moindre disponibilité de la ressource en eau. Et en premier lieu, généraliser les pratiques agronomiques favorisant la capacité de rétention de l’eau dans le sol comme l’agriculture biologique. Le rapport de l’INRA « Vers des agricultures à hautes performances. Analyse des performances de l’agriculture biologique » (2013) souligne que « la consommation en eau d’irrigation est moins importante dans les systèmes en AB…. Les propriétés du sol en AB apparaissent plus favorables au développement des racines, à la stimulation des mycorhizes et à la rétention d’eau dans le sol (Stanhill, 1990 ; Lotter etal., 2003), ce qui diminuerait la sensibilité des cultures en AB aux stress hydriques (Sylvia et Williams, 1992) ».
Ainsi, pour consommer moins d’eau, il convient de changer de pratiques agricoles et de changer plus vite que ne diminue la quantité de la ressource.

En ce qui concerne la culture de la vigne, elle n’est pas « particulièrement vulnérable » face à des pénuries d’eau, la vigne est une culture méditerranéenne (seuil d’irrigation à moins de 400 mm/an) et la pluviométrie moyenne annuelle de notre territoire se situe à ce jour entre 750 et 1 000 mm/an.

Diapo 9 : valorisation énergétique des sous produits agricoles
§2 - Envisager la mise en culture de Cultures Intermédiaires à vocation énergétique (CIVE) en vue de les bruler pour produire de la chaleur est aberrant : comme la plupart des cultures elles vont consommer des fertilisants et épuiser les sols puisque prélevées, elles n’ont d’intérêt agronomique qu’enfouies pour fertiliser les sols (à l’instar des CIPAN – Cultures Intermédiaires Pièges à Nitrates, qui restituent de la matière organique en décalé) ou dans une restitution via une méthanisation avec un process vertueux (intrants locaux, sortie en phase solide). En tout état de cause, les cultures intermédiaires ne devraient être envisagées qu’en conditionnant leur implantation à une conduite culturale non polluante du point de vue environnemental (traitements) et qui n’appauvrisse pas les sols.

§ 4 - Pour ce qui concerne la méthanisation, les modalités sont diverses et plus ou moins vertueuses : voie sèche/phase solide (plus intéressante agronomiquement) ou liquide (proche du lisier, avec les mêmes défauts), cultures ligneuses complémentaires (maïs) produites avec apports d’intrants chimiques, bilan négatif en cas d’apports exogènes (transports, matières sujettes à caution, qualité des digestats),… Les diverses options ne sont pas à considérer de manière identique.

§ 7 – Pour un territoire d’élevage majoritairement plein air et extensif qui façonne le paysage et est indissociable de l’AOC Charolais, il n’est pas réaliste d’écrire que les effluents présentent une « grande » source d’énergie potentielle, à moins de renier ces spécificités locales.

Diapo 11 : potentiels de réduction GES agricoles et consommation
A l’occasion de la mise en place de son PCAET, la Communauté de communes du Pays d’Apt-Lubéron a souhaité mobiliser l’outil Climagri sur le volet agricole, et évaluer plusieurs scénarios de progression des surfaces en bio sur le territoire, pour mesurer l’incidence de ces scénarios sur les émissions de GES.
3 scénarios ont été étudiés, pour aboutir à des résultats allant d’une réduction de 6,5 % à 30% des émissions de GES totales et de 5,8 % pour la consommation d’énergie totale.
Plus d’infos ici : http://www.eauetbio.org/bio-climat-pcae ... faces-bio/

La diapo permet de voir clairement que l’impact de levier de réduction GES potentiel n°2 (diminution de l’utilisation des intrants de synthèse) est fort, à comparer avec le levier potentiel 4 (méthanisation).
A nouveau, le changement de pratiques agricoles, dont la bio est le fer de lance en alliant préservation des ressources et valeur ajoutée, se révèle un levier d’importance.

Re: Agriculture et consommation

#3
Il faudrait mettre en avant les haies bocagères et l'agroforesterie qui permet de produire du bois énergie.

Pour la méthanisation, il convient de différencier la méthanisation agricole (simple à gérer et qui offre des garanties sur la qualité du digestat) de la méthanisation territoriale (dont la gestion demande un suivi et dont la qualité du digestat dépendra de la qualité des rations). La quantité des Cive doit être un ratio fonction de la production totale la ferme et non du total de matière entrante dans le digesteur.

Re: Agriculture et consommation

#4
Reçu de Patrice Blandin, qui a des soucis de connexion :

Concernant l'agriculture, qui est mon secteur de compétence, je suis forcé de constater ses difficultés et évolutions depuis la fin des années 60. Nous avons depuis cette période vu une évolution de la taille des exploitations, une évolution des pratiques vers cette agriculture dite conventionnelle dont on mesure aujourd'hui les effets négatifs, mais surtout un vieillissement des acteurs avec un sérieux problème de renouvellement des générations.
Bien que nous soyons dans une zone de polyculture et d'élevage, il faut que le mot polyculture retrouve son sens !
Halte à la mono agriculture et ses effets néfastes sur les sols, la qualité de l'air et de l'eau, les paysages.
Halte aux fausses bonnes idées, telles que les agro carburants, la methanisation.
Dans une région comme la nôtre, en association avec les organismes consulaires et les agriculteurs, il faut revenir à des modèles plus durables.
L'agriculture biologique est une priorité !
Il faut aussi accompagner les conversions en matière de restauration des écosystèmes, car le tourisme est un de nos atouts majeurs !
Les agriculteurs doivent redevenir maîtres de leurs revenus et l'accompagnement au développement de produits locaux vendus sur place ou en circuits courts fortement incités !
Sur tous ces aspects je suis prêt à aider et à participer à un groupe de travail !!!

Re: Agriculture et consommation

#5
- combien de calories fossile utilisées pour produire une calorie de nourriture (à l’échelle du territoire)
Ex : à l’échelle de la France - En 1940, il fallait 1 kcal d’énergie fossile pour produire 2,3 kcal de nourriture. En 2014, il en faut 7 kcal pour produire 1 kcal de nourriture.

- sur la production réalisée sur le territoire, quel pourcentage nourrit effectivement le territoire ? Avec quels produits ? Lesquels manquent ? Pourquoi ?
Ex : l’agriculture mondiale produit assez pour nourrir 12 milliards d’êtres humains. Or la malnutrition est encore fort répandue. Parmi les diverses raisons : il y a 30% de gaspillage alimentaire et une partie de la production est dédiée à l’alimentation animale.

- combien sont importés pour nourrir le territoire ? Quels produits ?
- combien sont produits pour nourrir l’élevage que nous mangeons ensuite ? Combien sont produits pour nous nourrir directement ?

- quelle est la qualité nutritionnelle de notre production sur le territoire ? Est-ce que ce que nous produisons nous nourrit / nous rend malade ?
Ex : Une pomme industrielle d’aujourd’hui contient 100 fois moins de nutriments qu’en 1900. Elle contient par contre plusieurs pesticides.

Si l’on ajustait notre alimentation, à quoi cela pourrait ressembler :
Convertisseur Terre de Liens, permet d’estimer combien de paysans et paysannes nous devrions avoir à l’échelle de notre commune si l’on voulait relocaliser notre consommation alimentaire.
Ex d’Avallon uniquement : installation de 133 nouveaux paysans/paysannes, 27 boulangers, 1 céréaliers, 42 éleveurs, 17 maraichers, 1 arboriculteur, 14 éleveurs de porc, 31 éleveurs de volailles.
Plus de détail sur :
http://convertisseur.terredeliensnormandie.org/commune/#


Avallon a un atout unique que sont les jardins en terrasse. Entièrement réhabilités, plantés et entretenus, ils pourraient fournir fruits, légumes, plantes médicinales, miel, bois de chauffage, refuge pour la biodiversité, filtration des eaux de la ville…
Cf Association Traverses – www.jardins-traverses.org

Le territoire doit connaître ses ressources humaines qui ont et valorisent les savoirs sur les fruitiers, les haies, les vivaces. Il doit revaloriser des éléments aujourd’hui délaissés : les haies par exemple.
Exemple de « sachants » sur le sujet : Gérard Bernard, pépiniériste spécialisé dans les variétés anciennes, l’Association des croqueurs de pomme, l’Association de Plèchis du Morvan et des particuliers, Thiébaut Jourdain, notamment.
Et allez voir ailleurs

Re: Agriculture et consommation

#6
ATTENTION A NE PAS SE TROMPER D’ENJEUX :

L’objectif n’est pas de diminuer les intrants chimiques azotés mais de les supprimer, car ils sont une véritable destruction pour tout notre environnement et pour nous-même. Cela passera par de la diminution.

En terme de priorité, il faut d’ABORD diminuer au maximum notre consommation d’énergie et ENSUITE seulement développer de l’énergie renouvelable, et ce à petite échelle pour notre territoire, et dans un cadre qui assure que la valorisation reviendra à tous les habitants et pas à certaines entreprises.

Enfin, le potentiel d’agro-foresterie, aussi énorme soit-il en termes de réduction des émissions, ne pourra fonctionner à long terme qu’en association avec tout le reste.

Il faut prendre les choses dans le bon sens, et faire preuve de bon sens :

1. arrêter la dynamique de destruction (intrants de synthèse, utilisation de machines et techniques destructrices des sols, pollution via les effluents d’élevage…)

2. prendre soin, reconstituer, régénérer nos sols et nos éco-systèmes (cultures intermédiaires, légumineuses, plantations d’arbres).

Cela est vrai aussi pour notre santé et notre communauté.
cron